Aéroville

Une nouvelle centralité hybridant l’imaginaire de la ville et du voyage

Au sein de la zone aéroportuaire de Roissy-Charles-de-Gaulle, PCA-STREAM a conçu et réalisé pour le groupe Unibail-Rodamco un centre de commerces et de loisirs voué à devenir une nouvelle centralité urbaine dans ce territoire. S’inspirant de l’imaginaire du voyage et détournant les codes du flagship international, Aéroville est un espace public hybridant les codes de l’aéroport avec l’activité mixte d’un centre-ville. Construit en moins de 4 ans d’études et de chantier, il est livré en octobre 2013.

Un nouvel équipement pour le Grand Paris

L’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle est le premier hub aéroportuaire d’Europe. La zone aéroportuaire constitue le premier pôle d’emploi en Île-de-France après La Défense, avec plus de 120 000 salariés. Les projets du Grand Paris renforceront bientôt la puissance de ce « hub », nœud d’interconnexion mondial, porte de la capitale et du pays. Ce territoire souffrait depuis des années de l’absence d’un lieu de centralité offrant à ses usagers toutes les facilités d’un centre-ville : services, commerces, loisirs, culture. Pour pallier ce manque, Aéroports de Paris, en partenariat avec le groupe Unibail-Rodamco, a projeté la réalisation d’un équipement d’envergure à la frange de la zone aéroportuaire, à moins de 10 minutes en voiture ou bus pour les salariés de la zone, les voyageurs ou les habitants de Roissy et Tremblay. À moins de 30 minutes en voiture, c’est une population de 1,8 million d’habitants qui est concernée par le projet.

© Jean-Philippe Mesguen
© Jean-Philippe Mesguen

Un concept hybridant les codes de l’aéroport et du centre-ville

Aéroville, centre de commerces et de loisirs inspiré de l’imaginaire du voyage, devient le « centre-ville » jusqu’alors introuvable de cette vaste zone. C’est un espace ouvert dans lequel l’aéroport a inoculé sa dimension cosmopolite de voyage, et la ville celle de flux et d’activités plurielles. L’aéroport est le lieu emblématique d’une nouvelle culture mondiale migratoire. Transformer Aéroville en métaphore du voyage rejoint cette convivialité planétaire.

Le mall d’Aéroville se base sur le tracé viaire d’une ville, faisant apparaître la distinction entre espace public et espace bâti. Le programme commercial construit autour des rues intérieures se fragmente en blocs de hauteurs et de dimensions variables qui évoquent des îlots urbains. Le projet prend le contre-pied des proportions habituelles de ce type de programme, généralement plats et uniformes, pour davantage de cohérence avec sa fonction de lieu associé au voyage et à l’évasion. L’ouverture du bâtiment sur l’extérieur, ainsi que son caractère non-générique et non-répétitif, façonnent autant un espace dévolu au commerce qu’un espace public incitant à l’échange et à la flânerie.

© Julien Lanoo
© Jean-Philippe Mesguen
© Julien Lanoo

Une organisation jouant avec la topographie naturelle

Le projet architectural présente l’originalité de développer les commerces sur un seul niveau, autour d’une rue couverte en forme de huit. Les composantes du programme commercial sont disposées le long de cette promenade intérieure. Elle est accessible de plain-pied depuis la rue des Buissons, en face des arrêts de bus et des bureaux de la zone de fret. Les parkings sont dissimulés au-dessus et en dessous du bâtiment. Le projet tire également parti de la déclivité du site. L’entrée nord, située au niveau du terrain naturel, apporte ainsi lumière et ventilation naturelle au parking. Les parkings du personnel et du cinéma sont implantés sur le toit du centre. Les abords libérés des stationnements automobiles sont végétalisés pour permettre la reconstitution d’un écosystème.

Une grammaire urbaine : rues, places et hubs

Comme dans un aéroport, la rue intérieure dispose de lumière naturelle et de vues vers le ciel. La verrière zénithale qui la surplombe est étudiée pour limiter l’éclairage artificiel et éviter tout réchauffement thermique. La rue intérieure s’élargit en plusieurs points pour former des places plus hautes sous plafond,  plus lumineuses, qui correspondent aux cinq hubs de liaisons verticales reliant le parking et le centre. Le parcours de 1,1 km de long est largement éclairé par des verrières continues et se projette vers l’extérieur au travers de « plugs » rythmant la façade. Le bâtiment ainsi que les plafonds et verrières ont été conçus par l’agence PCA-STREAM. La décoration et la signalétique ont été développées par Saguez&Partners.

© Jean-Philippe Mesguen

Les plugs

Contrairement aux centres commerciaux classiques, renfermés sur eux-mêmes, les rues intérieures d’Aéroville se prolongent jusqu’en façade en plusieurs points, sous forme d’émergences. Cela permet d’éviter l’effet d’univers clos et briser la monotonie d’une façade continue sur plus d’un kilomètre de long. Le bloc monolithique est ainsi fractionné, il s’ouvre sur l’extérieur par des percées vers le ciel, s’inspirant des plugs des passerelles d’aéroport, ici transformées en belvédères offrant des vues sur le paysage et l’envol des avions.

© Julien Lanoo
© Jean-Philippe Mesguen

L’enveloppe

L’enveloppe des blocs, inspirée des codes du centre-ville, a été pensée en rupture avec l’image de la périphérie. Les marques internationales sont devenues l’une des composantes majeures de l’imaginaire d’une économie globalisée. Au cours des quinze dernières années, les marques de luxe ont développé dans les capitales mondiales une expression architecturale de leur image au travers de flagships, bâtiments griffés et sophistiqués. Les enveloppes s’appuient ici sur la finesse des matériaux et la richesse de la peau composée de plusieurs membranes. Jouant du simulacre, Aéroville s’affirme comme une association de flagships précieux, dont les noms et logos, signés par le duo graphique deValence, sont de simples lettres. A, E, R, O, V, I, L, L, E, comme autant de monogrammes originaux. En « tatouant » l’enveloppe du centre commercial, ces lettres renvoient à une marque imaginaire que serait « Aéroville », transformant l’objet de consommation internationale en création collective.

© Jean-Philippe Mesguen 
© Jean-Philippe Mesguen
© Jean-Philippe Mesguen

La démarche environnementale

Pour obtenir des certifications environnementales ambitieuses, le bâtiment a été construit sur des terres viabilisées plutôt que sur des terres agricoles. Nous avons superposé le centre et son parking afin de libérer des espaces extérieurs, puis maîtrisé l’imperméabilisation et les rejets d’eau par la création d’un bassin de rétention de 4 500 m3. Afin de respecter et valoriser les ressources naturelles, les travaux de terrassement ont été très limités. Ils ont permis de fabriquer un paysage compensatoire qui favorise la biodiversité tout en réduisant l’impact du centre sur le cycle de l’eau. Le centre est approvisionné par géothermie et les besoins énergétiques réduits de manière passive ; le paysage vient rafraîchir l’ambiance extérieure et créer naturellement des masques d’ombre.

© Julien Lanoo
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© Jean-Philippe Mesguen

Suivi de chantier 

© Jean-Philippe Mesguen
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Informations

Client Unibail-Rodamco, en partenariat avec Aéroports de Paris
Programme Centre de commerces et de loisirs, cinéma multiplexe
Localisation Roissy-en-France, Le Tremblay-en-France
Mission Complète
Surface 110 000 m2 SHON et 280 000 m2 SHOB
Budget 185 M€ HT
Statut Livré en 2013
Certifications  BREEAM Excellent

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  • © Julien Lanoo