Bergère X Paris

Paris 9

Dans le quartier historique de la finance, PCA-STREAM réhabilite BERGÈRE X PARIS, un ensemble emblématique des grands sites bancaires de la fin du XIXe siècle à Paris. Le projet témoigne d’une évolution profonde du rapport au patrimoine bâti parisien au regard des enjeux environnementaux de la ville de 2050.

BERGERE SITE
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Images

Processus

BERGÈRE X PARIS bénéficie d’une localisation centrale, remarquablement desservie, qui lui permet de profiter des aménités du cœur vivant de Paris. Au sud du 9e arrondissement, l’immeuble prend place dans un quartier transformé par les percées haussmanniennes du XIXe siècle, dont il incarne l’élégance architecturale. D’esprit très parisien, doté de nombreux passages emblématiques et restaurants, agréable à vivre à pied, ce quartier est aujourd’hui plébiscité par les Parisiens et les visiteurs étrangers. Historiquement lié à la finance et à la presse, il a su se réinventer à la croisée d’identités riches, entre les affaires, le monde des start up du « Silicon sentier » et le Paris branché du « fooding ».

Un ensemble palimpseste

L’élégance classique et monumentale de BERGÈRE X PARIS reflète la dimension statutaire ayant présidé à sa conception originelle. L’îlot est issu de la volonté, au début des années 1880, du Comptoir National d’Escompte de Paris d’installer son siège au cœur du quartier des affaires. L’architecte Edouard-Jules Corroyer place la façade emblématique à l’ouest de la parcelle, dans l’axe de la rue Rougemont, visible depuis les Grands Boulevards. Entre 1886 et 1899, le CNEP acquiert les bâtiments adjacents et lance le 2e réaménagement du site, sous la direction de François Constant-Bernard. En 1929, des étages supplémentaires sont construits au 18, rue Bergère, avant que la banque n’acquière en 1955 le 20 rue Bergère, un bâtiment de Paul Friesé datant de 1905. La dernière extension et rénovation intérieure complète date de 2009, menée par Anthony Bechu pour le compte de BNP Paribas.

Une réinvention nécessaire

Le soin apporté à la cohérence de l’ensemble lors des extensions et l’attention à la préservation patrimoniale du site l’ont paradoxalement sanctuarisé dans son isolement. Enfermé dans la solitude de ses usages, il restait en retrait de la vie vibrante des 9e et 10e arrondissements de Paris. Malgré un potentiel inexploité en termes de densité et d’usages – avec notamment un atrium froid, des cours, un jardin et des toitures exceptionnelles sous-utilisés – l’ensemble immobilier offrait une situation inhabituelle pour réhabilitation à Paris : au vu de la qualité du bâti et de sa récente réhabilitation, la question de son obsolescence interrogeait le principe même d’une nouvelle intervention. Mais le Décret tertiaire et l’obligation de réduction des consommations énergétiques aux horizons 2030, 2040 et 2050, auquel le bâtiment ne répond pas, imposait une réinvention profonde.

Une renaissance parée pour 2050

Après plus d’un siècle d’existence et de transformations, l’immeuble connaît ainsi une renaissance. PCA-STREAM prend le parti d’intervenir avec humilité pour lui donner une cinquième vie en s’inscrivant dans son histoire et en visant d’emblée les objectifs énergétiques de 2050. Le projet apporte des solutions pérennes facilitant la résilience à long terme du bâtiment. L’ambition est de dynamiser la beauté sereine et classique de BERGÈRE X PARIS, de le faire dialoguer avec la ville, de l’éclairer et de le densifier, mais également de l’enrichir d’une variété de programmes le réinscrivant dans la vie parisienne. De cette façon BERGÈRE X PARIS pourra traverser les décennies à venir sans intervention majeure. Un nouvel axe central de distribution des flux permet une reconquête du socle pour des espaces destinés à des publics multiples. Déployé sur les cinq étages, il organise une grande flexibilité des espaces tertiaires. Le réaménagement du patio, de l’atrium et le percement d’un escalier déverrouillent la capacité d’accueil de services et d’aménités. Le jardin, repensé sur deux niveaux, augmente la qualité de l’expérience des usagers en offrant un extérieur de qualité pour la brasserie et le business center. En façade, l’accès direct depuis la rue au club et à un bistro-café crée un effet d’entraînement pour déployer une vie urbaine au cœur et autour de l’immeuble. L’installation d’un toit-terrasse et la création de deux espaces inédits au R+6, les Parisariums, offrent des vues exceptionnelles sur les paysages et les toits de Paris.

Approche patrimoniale sobre et durable

PCA-STREAM prend le parti d’intervenir avec humilité pour donner une cinquième vie à l’ensemble, en s’inscrivant dans son histoire et en visant d’emblée les objectifs énergétiques de 2050. Le projet prouve que restructuration patrimoniale et ambitions environnementales peuvent coexister harmonieusement. L’approche privilégie la valorisation de l’existant, avec une déconstruction sélective et une démarche de réemploi, permettant de réduire les émissions carbone de 20 % pour la construction et de 50 % pour l’exploitation. Plus de 85 % des matériaux curés sont recyclés ou réutilisés, avec un usage accru de matériaux bas-carbone et biosourcés. Les espaces extérieurs, augmentés de 15 %, incluent des jardins, rooftops, et zones végétalisées pour créer des îlots de fraîcheur. Le projet encourage la mobilité douce avec 270 places pour vélos et 75 pour véhicules électriques. Visant des certifications BREEAM et HQE (Excellent), ainsi que les labels BBCA et BiodiverCity®, il répond aux objectifs Net Zero Carbon et au Décret Tertiaire 2050.

Inspiré de l’hôtellerie haut de gamme, ce Smart Building propose des services mutualisés, un management axé sur l’hospitalité, et des espaces modulables répondant à l’évolution des besoins. Conçu pour durer, il combine durabilité environnementale et attractivité pour ses usagers, dans un cadre favorisant biodiversité et confort.

Le réemploi des menuiseries et le remplacement des vitrages

Pour améliorer les performances thermiques du bâtiment sans générer de déchets inconsidérés, PCA-STREAM a imaginé un système d’amélioration de l’efficacité des 600 fenêtres existantes de BERGÈRE X PARIS, reposant sur la préservation d’une partie des menuiseries, le réemploi des menuiseries existantes, un procédé d’assemblage innovant des verres intégrant une couche de vide, et un processus de fabrication des lames de verre bas carbone.

Lors de la dernière campagne de travaux opérée par Anthony Béchu en 2009, l’ensemble des châssis avait été remplacé à l’identique grâce à un procédé de stratigraphie recréant les teintes d’origine. Afin de valoriser ces travaux et de respecter les différentes périodes de l’histoire architecturale du bâtiment, Bouygues Bâtiment Île-de-France Rénovation Privée applique trois principes : conservation de 11 % des menuiseries, réemploi de 58 % (pour optimiser le carbone incorporé) et remplacement des vitrages des menuiseries réemployées (pour réduire les déperditions thermiques et optimiser le carbone d’exploitation). Les châssis et vitrages de la façade nord, rue Sainte-Cécile, sont conservés en l’état.

L’isolation par l’extérieur, souvent la plus efficace, étant impossible sur cette façade inscrite, l’isolation par l’intérieur s’est imposée. Le triple vitrage s’est avéré incompatible avec les châssis existants, les feuillures étant trop étroites.

Un procédé d’assemblage innovant a donc été mis en place pour les menuiseries en bois réemployées, soit 50 % des menuiseries du projet. Le vitrage retenu se compose de deux feuilles de verre de 4 mm séparées par un vide de 1 mm, dont l’une est revêtue d’une couche super isolante. De petites billes de céramique quasiment invisibles, réparties dans l’espace vide, empêchent les deux feuilles d’entrer en contact sous la pression externe. La soudure périphérique inorganique, exempte de plomb ou de tout autre métal lourd, assure une grande résistance mécanique et une étanchéité parfaite. Une couche à faible émissivité ou à contrôle solaire est appliquée sur l’une des feuilles, côté cavité sous vide. Ce verre répond aux tests de durabilité de la norme ISO 19916-1:2018, qui ont validé une durée de vie d’au moins soixante ans.

Chantier

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