Réenchanter les Champs-Élysées

Paris 8

En 2018, le Comité Champs-Élysées, association des grands acteurs publics et privés de l’avenue, sollicite PCA-STREAM pour une réflexion, Réenchanter les Champs-Élysées, présentée lors d’un colloque en avril 2019. L’agence poursuit cette réflexion avec l’étude Champs-Élysées, histoire & perspectives en élargissant la question des Champs à l’avenir des territoires urbains, travail qui donne lieu à une exposition au Pavillon de l’Arsenal en février 2020. En contrepoint d’un récit historique, il s’agit de dresser un diagnostic et d’esquisser des perspectives pour relier le cadre local des Champs-Élysées aux enjeux de la mondialité urbaine contemporaine. PCA-STREAM propose cette recherche urbaine inédite en s’appuyant sur une équipe pluridisciplinaire d’experts, de chercheurs d’institutions universitaires de renom (MIT, Harvard, Sciences Po…) mais également de créateurs, selon son approche mêlant art et science.

Jardin des Champs Élysées aérienne ©PCA-STREAM
COVER_PROJETS_CHAMPS

Images

L'avenue des temps modernes

Au XVIIᵉ siècle, naît en Europe avec Descartes, Bacon et Galilée la pensée moderne qui privilégie la raison. La géométrisation du monde est reprise dans la composition des jardins de la française, qui font apparaître une perspective centrale. Le jardin clos, illustrant la finitude de l’espace propre aux anciens, laisse place à des vues ouvertes sur un lointain, tracées selon de nouvelles règles et de nouveaux outils mathématiques et optiques. De ce point de vue, l’avenue des Champs-Élysées peut être considérée comme un « kilomètre zéro » de la modernité occidentale. Le geste visionnaire de Le Nôtre se poursuivra jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle avec les aménagements de Jacques-Ignace Hittorff, suivis des grands travaux d’Eugène Haussmann. Sous la direction de ce dernier, les services d’Adolphe Alphand inventent sur les Champs-Élysées le jardin moderne, à mi-chemin entre classique et pittoresque. Reflet d’une vision de la nature domestiquée, l’avenue devient une vitrine du progrès, caractère qu’elle garde au fil du temps, en accueillant le Palais de l’Industrie, les expositions universelles, le Grand et le Petit Palais ou les Salons de l’Automobile. Depuis sa création, l’avenue célèbre le pouvoir du souverain ou du chef d’État, et chaque gouvernement cherche à associer son nom au prestige du lieu, de même que les grandes puissances industrielles et commerciales du XXᵉ siècle, en y développant une architecture iconique. Cette dimension symbolique fait des Champs-Élysées le lieu des célébrations nationales et des grandes manifestations populaires.

Le désamour des parisiens

La rupture entre les Parisiens et l’avenue semble aujourd’hui largement consommée. L’analyse de sa fréquentation annuelle donne la mesure de cet éloignement : les deux tiers des passants sur les Champs-Élysées sont des touristes, dont l’écrasante majorité vient de l’étranger, tandis que les Parisiens ne représentent plus que 5 % des promeneurs. Un tel désamour relève d’une promesse trahie : celle d’un avenir meilleur, d’un triomphe permanent du progrès. Les Champs-Élysées offrent dès l’origine le spectacle de la conquête de la nature avec ces champs patiemment artificialisés et urbanisés ; à l’ère Anthropocène, les motifs de rejet de l’avenue par les Parisiens (surtourisme, trafic, pollution, surconsommation, minéralisation) résonnent étonnamment avec leur inquiétude croissante sur l’état de la planète.

La ville-métabolisme

Hyper-lieu touristique et pollué dans sa partie haute, hyper-vide dans sa partie basse, avec ses jardins oubliés, morcelés et mal entretenus, l’Avenue présentent des pathologies urbaines opposées et complémentaires. La vision développée par PCA-STREAM propose de s’appuyer sur la puissance symbolique des Champs-Élysées pour engager les talents nationaux, publics comme privés, et transformer l’avenue en un démonstrateur urbain. Pour cela, il convient de pacifier l’hyper-lieu – en favorisant des usages et transports doux – et de réenchanter l’hyper-vide, via un renforcement de la biodiversité et une programmation originale. Agissant sur cinq strates urbaines – nature, infrastructures, mobilités, usages, bâti -, le plan d’action s’appuie sur quatre axes opérationnels aux effets mesurables : repenser la nature comme écosystème, inventer de nouveaux usages, réduire les nuisances des mobilités et recourir à la data comme outil. Les Champs-Élysées deviennent ainsi un territoire collectif d’expérimentation à l’horizon 2030 pour développer une ville durable, désirable et inclusive.

L'exposition au Pavillon de l'Arsenal

L’exposition Champs-Élysées, histoire & perspectives présente une étude menée par PCA-STREAM entre 2018 et 2020, à l’initiative du Comité Champs-Élysées, avec la collaboration d’une cinquantaine de chercheurs, scientifiques, acteurs économiques et culturels français et internationaux. Elle retrace l’évolution de la « plus belle avenue du monde » et propose une vision adaptée aux enjeux contemporains.

Fiche technique

News & Awards

Projets associés