Situé à deux pas de la place de la République, en direction du Marais, le commissariat de police du Centre de Paris forme, avec la mairie du même arrondissement, un nouveau pôle administratif autour du square du Temple, dans le prolongement de la rue de Bretagne, artère commerçante animée. Il fait suite à la fusion des quatre arrondissements centraux de la capitale française, destinée à remédier à la disproportion des arrondissements historiques, petits et peu peuplés, en formant un nouvel arrondissement correspondant à la moyenne parisienne d’environ 100 000 habitants et offrant, à terme, de meilleurs services publics.
Plus qu’un simple redécoupage administratif, l’arrondissement Paris Centre offre à la capitale française un nouveau cœur battant, en phase avec le concept de la ville des 15 minutes. Incarnation de la tradition française, cet arrondissement allie culture et art de vivre grâce à une abondance de trésors patrimoniaux, allant des grands musées à un nombre extraordinaire de galeries d’art, de boutiques de luxe et de restaurants de haute cuisine.
Un patrimoine exceptionnel qui a besoin d’être remis au goût du jour
Classique par sa composition symétrique, sa façade imposante et ses matériaux décoratifs, l’Hôtel de la Garantie est également un bâtiment moderne, avec sa structure en béton, revêtue de brique et de pierre, l’utilisation du métal et ses étages vitrés. Une construction de cette qualité appelle une intervention contemporaine capable de mettre les éléments obsolètes aux normes de performance modernes tout en mettant en valeur les éléments patrimoniaux d’origine. PCA-STREAM a choisi de redonner lisibilité et prestige à ce complexe exceptionnel des années 1920, typique de l’architecture administrative de la Troisième République, qui avait souffert de ses transformations successives et d’un manque d’entretien.
La cour d’honneur a été débarrassée des ajouts disgracieux des années 1970 et entièrement restaurée, y compris son décor en sgraffite ocre clair, noir et rouge, réalisé selon une technique de plâtre gratté très en vogue à la Renaissance. Le décor et l’atmosphère du hall des guichets, transformé en salle d’appel, ont été entièrement préservés, avec une menuiserie en bois remise à neuf, un miroir au mercure conservé et un sol en mosaïque nettoyé et réparé. Le plafond de verre et la verrière ont également été restaurés et mis aux normes.
Les façades ont été délicatement restaurées pour retrouver leur aspect d’origine, avec une reconstruction de la maçonnerie là où cela était nécessaire. À l’arrière du cadran de l’horloge sur le fronton, une surélévation datant des années 1960 a été remplacée par une façade vitrée en retrait. Deux nouveaux étages contemporains constituent une indication architecturale discrète que l’approche architecturale privilégie le confort et l’usage plutôt que la forme.
Intégrer de nouvelles fonctions
Au-delà de l’impact sur l’image, l’installation d’un commissariat dans un bâtiment de cette qualité souligne la valeur accordée au travail des policiers et le respect du patrimoine. L’ouverture du bâtiment à de nouvelles fonctions a permis de concevoir un ensemble fonctionnel, lumineux et agréable, tout en favorisant le bien-être au travail, la fluidité des échanges entre les services et une meilleure relation avec le public.
Le défi consistait à répondre aux attentes de la Préfecture de police de Paris dans un bâtiment classé sans recourir à aucune modification extérieure. Le programme contraint du bâtiment, conçu avant tout comme un outil, est rendu plus complexe par les flux d’usagers qui s’entrecroisent, caractérisés par la nécessité de concilier fonctionnalité et sécurité en différenciant les trajectoires, ainsi que par celles des personnes placées en garde à vue. Les circulations entre les étages sont réorganisées autour de l’atrium central afin de bénéficier de la lumière indirecte apportée par la verrière et de mettre en valeur la salle d’appel. Les niveaux des planchers sont harmonisés et les circulations verticales réaménagées, ce qui contribue à fluidifier la circulation piétonne et à raccourcir les distances entre les services. Le commissariat de Paris Centre offrira ainsi un nouveau standard en matière de conditions de travail pour les 600 policiers qu’il accueillera sur différents quarts de service.
Poursuivre la durabilité
Basé sur la réhabilitation, le projet est, par essence, de nature durable car il évite l’empreinte carbone d’une nouvelle construction. Dans un contexte patrimonial contraignant, l’objectif principal était de travailler sur la durabilité du bâtiment en utilisant des matériaux respectueux de l’environnement (tels que le bois des aménagements extérieurs). Cette intervention à faible impact environnemental a été menée avec un minimum de démolitions, en optimisant la gestion des déchets et en récupérant les matériaux pour les réutiliser. Les performances énergétiques du bâtiment reposent sur des mesures telles que le raccordement aux réseaux de chauffage et de climatisation de la CPCU et de Climespace, l’utilisation d’équipements à faible consommation, la protection solaire des vitrages exposés et une isolation améliorée.
Le toit est partiellement végétalisé, ce qui contribue à améliorer le traitement des eaux pluviales, à renforcer la biodiversité urbaine et à atténuer les effets d’îlot de chaleur. Sous la houlette de la Ligue pour la protection des oiseaux, la découverte de cavités utilisées par les martinets pour nicher a conduit à l’installation de nichoirs et de niches dans les installations du chantier, puis à la réintégration de sites de nidification dans la façade restaurée.