Pièce Lumineuse

Une œuvre commune entre sculpture organique et architecture

"Pièce Lumineuse" est à la fois une pièce d’architecture et une œuvre d’art, développée entre Orlan, artiste pionnière et théoricienne de « l’art charnel », et l’agence PCA-STREAM pour le CCC de Tours et le Palais de Tokyo. Cette œuvre explore la dimension sensuelle et expérimentale du travail d’Orlan, tout en illustrant la richesse des échanges et des collaborations artistiques que promeut l’agence PCA-STREAM pour apporter une altérité à son travail de conception.

Une dynamique de la rencontre et de l’échange

PCA-STREAM mène régulièrement des collaborations avec des créateurs de champs extérieurs à l’architecture (artistes, designers, graphistes, photographes) dans ses projets, afin de développer un langage architectural qui soit plus poreux vis-à-vis de la culture contemporaine. C’est une façon d’apporter de l’altérité à son processus de conception et d’enrichir ses réalisations. Quoique singulier, le projet réalisé avec l’artiste Orlan est représentatif de cette démarche qui porte à la fois sur les modes de production (techniques et financiers) et la conception d’une œuvre. « Pièce lumineuse » est une œuvre monumentale, tout à la fois sculpture organique et architecture au sein de l’espace d’exposition. Les deux disciplines au cœur de cette pratique ont permis d’allier créativité et malléabilité des formes à une maîtrise de l’espace, permise par une recherche de nouveaux matériaux.

© PCA-STREAM
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L’incarnation spatiale et organique d’une démarche

Orlan, qui a conceptualisé l’idée d’un « art charnel », est internationalement reconnue pour avoir réalisé entre 1990 et 1993 une série de performances dans lesquelles le bloc opératoire devenait un véritable théâtre ouvert à ses désirs créatifs. L’acte chirurgical s’y aventurait sur des terrains inexplorés jusqu’alors, et le visage de l’artiste fournissait la matière d’expérimentations à hauts risques dans lesquelles, par une dramaturgie spectaculaire, elle affirmait haut et fort que son corps lui appartenait. « Pièce Lumineuse » est en quelque sorte l’aboutissement de ces moments extrêmes. Espace souple et physiquement modelable, lumière blanche irradiante, images spectaculaires issues des opérations chirurgicales-performances de 1993, tout y renvoie à l’aseptisation du bloc opératoire et à l’irréalité aiguë de ces moments. Le Barrisol, matériau flexible et translucide, a permis de travailler simultanément sur la forme, l’image et la lumière, rejoignant à la fois les préoccupations de l’architecte sur la construction de volumes souples et ceux de l’artiste sur les déformations artistiques du corps. Il devient à la fois peau sensuelle, lumière abstraite et matière architecturale.

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L’altérité artistique comme avenir de l’architecture

Au travers de sa démarche de recherche, cruciale dans son travail de conception, PCA-STREAM porte la conviction que les artistes, de par leur liberté, forment une avant-garde de notre rapport au monde, qu’ils ont en somme une longueur d’avance ; observer attentivement leurs expérimentations, leurs sensations et leurs interprétations devient aussi nécessaire qu’infiniment instructif. Pour appréhender un réel toujours plus complexe et liquide, pour tenter de comprendre le monde de demain et agir sur lui, il est devenu impératif de se remettre en question, de rester en position d’explorer, notamment en étant attentif à ces artistes. Le travail d’Orlan sur la métamorphose du corps, et en particulier sur les déformations de la peau lors de ses performances chirurgicales, forme ici un lien direct avec les réflexions sur l’architecture de transformation et sur la plasticité des membranes ou enveloppes en architecture. Alors que le sujet se définit en affichant les signes de son appartenance à des tribus, l’artiste est également celui qui parvient à générer son propre système de codes. Le travail sur l’enveloppe extérieure du bâtiment représente un des enjeux majeurs de l’architecture contemporaine, libérée des dogmes fonctionnalistes par des outils de conception numérique et de nouveaux matériaux qui autorisent une liberté formelle sans précédent. Dès lors, l’architecture a le choix de participer à ce système de codes global et l’architecte, comme l’artiste, est appelé à devenir un « sémionaute », comme le décrit le critique Nicolas Bourriaud, créateur de trajectoires parmi les signes.Nicolas Bourriaud, « Pour un art radicant », Stream 01, 2008

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